Voici l’été et sa torpeur. Ainsi les polémiques s’apaisent et il en va ainsi des projets sensibles : ils sont promis à un oubli bienvenu.

Le projet de décret annoncé par Laurent Wauquiez a fait naître des craintes très fortes chez les outsourceurs très largement implantés en off-shore. Ils ont fait naître aussi des craintes auprès de nombreux donneurs d’ordres qui font appel à ces prestataires comme de ceux qui ont eux-mêmes franchi le pas de la Méditerranée.

C’est que 60.000 emplois créés par des entreprises françaises en dehors de France, quand le nombre d’emplois dans les centres français stagne depuis des années aux alentours de 250.000, en période d’accentuation du chômage, cela a de quoi penser à corriger la donne.

Mais il est un acteur qui a pris encore plus mal la nouvelle de ce projet, c’est le Maroc, pays ami de la France. Et selon les informations parues dans la presse, il l’a fait savoir à qui de droit.
Faisons donc le pari aujourd’hui, que si Assises il y a, elle n’accoucheront d’aucun décret coercitif.
Et ce sera tant mieux.
Non pas qu’il n’y ait pas à engager rapidement une réflexion approfondie, en concertation avec les acteurs concernés, bien au contraire. C’est la question de ce qu’on est prêt à sacrifier de nos acquis de toutes natures, à la compétitivité des emplois français par rapport à ses concurrents qui est clairement posée. Et cette question vitale mérite en effet plus qu’un décret sommairement préparé. Car le sujet dépasse le simple périmètre des centres d’appels, même si ce dernier est extrêmement symbolique. Il est également un levier important pour le développement et la compétitivité de la plupart des autres secteurs de notre économie.

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