On trouve cette publicité ici : http://www.pubard.com/publicite/2012/02/04/sitel-1er-prestataire-a-recevoir-le-nouveau-label-responsabilite-sociale/

Notre confrère Sitel, filiale du Conglomérat Canadien Onex, nous annonce que le Label LRS est désormais obsolète. Il était insuffisant, il est donc logiquement remplacé par le « Nouveau LRS » qui, lui, est supposé être plus fiable. La multiplication des critères serait une approche intelligente pour mesurer la qualité d’une politique sociale.

Il est dommage qu’on n’en sache pas plus sur ces fameux critères, mais l’ancien label en recensait déjà 140, aussi variés que la présence d’un panneau d’affichage ou l’existence des registres légaux de tenue des réunions de CE. En bref, il s’agissait et s’agit encore probablement plus d’un audit de conformité que d’un véritable audit social. La multiplication des critères est en réalité, on le voit bien un moyen de noyer dans la masse les critères délicats comme l’existence de mouvements sociaux. En effet, on ignore tout des traitements de données réalisés par le cabinet chargé de l’audit. On ne sait toujours pas non plus si les méthodologies utilisées par les deux cabinets mandatés sont identiques.

On nous parle d’un indice de satisfaction de 80% des salariés, mais on ne sait pas non plus sur quelles bases elle est mesurée.

Ce qu’il faut en tous cas retenir de cette annonce très marketing (d’ailleurs, il est cocasse de tester les liens mis en rouge, ils renvoient à des annonces publicitaires pour des logements ou des voitures !), c’est que les membres du bureau du SP2C ont finalement compris que tout le monde savait à quoi s’en tenir sur l’intérêt de ce label qu’ils s’auto-attribuent depuis 2004. Ils tentent d’épaissir leur écran de fumée en compliquant encore leur processus, ce qui revient à rendre la nouvelle version encore moins lisible.

La situation est néanmoins intéressante : les titulaires de l’ancienne version n’ont plus qu’à jeter leur beau label à la poubelle. Il est ainsi avéré qu’il ne vaut rien. Ils ont quand même une petite consolation : bien qu’il leur faille en théorie débourser à nouveau une somme bien coquette (c’est ce qui permet d’écarter les petits acteurs de leurs terrains de chasse, les grands donneurs d’ordres), ils seront désormais tranquilles pour 3 ans au lieu de 2 actuellement.

On ne peut s’empêcher de penser que le mouvement social que tous les leaders (ou presque, nous n’étions pas concernés) ont subi le 23 juin dernier, les a sérieusement inquiétés : d’abord une lettre de supplique adressée en urgence aux principaux donneurs d’ordres, les pressant de bien vouloir accepter de payer plus cher. Maintenant, une nouvelle mouture de leur label chéri, qui lave plus blanc que blanc.

Nous leur proposons, s’ils sont si certains de leur politique sociale, de se confronter au Label Social Européen (www.europeansocialllabel.org) qui lui est indiscutable : il est fondé sur la seule donnée qui vaille : le vote anonyme des salariés sur 20 questions. Pas de traitement mystérieux, seulement les résultats bruts sortis des urnes. Et pas de discrimination, comme le coût en est symbolique, même les petits acteurs peuvent l’obtenir. Alors, qui s’en sent capable ?

Messieurs les donneurs d’ordres, vous savez maintenant à quoi vous en tenir. Un seul titulaire aujourd’hui d’un label qui n’est toujours pas crédible. Ou quelques titulaires d’un label qui vous garantit réellement que votre partenaire conduit une politique sociale digne et qui vous protège des risques sociaux.

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