Un article des Échos du 8 janvier 2010 nous informe d’une décision empêchant France Télécom d’améliorer les débits des habitants des zones mal desservies en ADSL, sous prétexte de préserver la concurrence dans ces territoires. Il est vrai qu’aujourd’hui, entre toutes les offres, les habitants ruraux ont le choix entre rien et rien. De quoi satisfaire sans doute l’Autorité, dont les membres doivent habiter des zones bien desservies sans doute.

Que n’aurait-elle pas plutôt obligé l’opérateur historique à ouvrir à des conditions préalablement discutées, ses nouveaux centraux à ses confrères ?
Et les maires ruraux, ont-ils eu l’occasion de donner leur avis ?

J’en connais quelques uns qui auraient bien aimé pouvoir offrir à leurs administrés les moyens d’exercer leur métier d’artisan dans de meilleures conditions, et aux citoyens ordinaires, le moyen de réduire leur facture téléphonique, etc.

Voici le texte de l’article :

L’ Autorité de la concurrence dit « non » au nouveau projet ADSL de France Télécom

Le gendarme de la concurrence estime que « les projets de montée en débit […] doivent être réservés à des situations exceptionnelles ». France Télécom, qui compte investir pour améliorer la connexion des Français, est embarrassé.

Voilà encore un avis de l’Autorité de la concurrence dont Didier Lombard, le PDG de France Télécom, se serait bien passé. Le 22 décembre dernier, discrètement, dans un document uniquement publié sur son site Internet, le gendarme de la concurrence s’est prononcé contre les projets de l’opérateur historique d’augmenter les débits de plusieurs millions d’abonnés ADSL dans l’Hexagone ne bénéficiant pas des versions les plus performantes de cette technologie d’accès. Pour l’Autorité, « les projets de montée en débit […] doivent être réservés à des situations exceptionnelles ». Elle « recommande au x pouvoirs publics de privilégier le déploiement de réseaux en fibre optique jusqu’à l’abonné ». La position de l’Autorité, saisie par le régulateur des télécoms pour donner son opinion sur le sujet, est politiquement risquée. Pourquoi en effet interdire à des millions de Français de voir leur débit passer de 512 kilobits par seconde à plusieurs mégabits ? Réponse donnée par l’Autorité de la concurrence : il ne faudrait pas que ces quelques millions de foyers français ne puissent plus bénéficier du « dégroupage ». C’est-à-dire la possibilité de choisir entre plusieurs fournisseurs d’accès à Internet…

Risque de « régression »

Alors que la fibre optique est appelée à se développer rapidement dans les zones très denses, France Télécom a fait part de son intention d’investir dans les zones moins denses afin d’augmenter le débit des abonnés ADSL. Certains Français ont en effet un débit insuffisant pour avoir la totalité des services disponibles sur Internet comme le téléchargement ou encore la télévision, et n’auront pas la fibre optique, trop coûteuse à déployer, avant des années. Pour améliorer le débit, il faut raccourcir la ligne de cuivre, c’est-à-dire réduire la distance entre le central téléphonique et l’abonné. France Télécom propose donc de construire de nouveaux centraux plus près de ses clients.

Problème : les opérateurs concurrents, qui ont déjà installé leurs équipements ADSL dans les centraux téléphoniques existants, vont devoir réinvestir dans le nouvel espace créé par France Télécom. Ce qui implique des coûts que SFR et Free vont avoir du mal consentir. Pas sûr, donc, qu’ils suivent France Télécom quand l’opérateur historique va se rapprocher des abonnés. Selon l’Autorité de la concurrence, 3,8 millions de foyers pourraient de ce fait ne plus bénéficier du dégroupage. « Le recul du dégroupage constituerait donc une régression à la fois dans l’intensité concurrentielle et dans la capacité des acteurs à innover », estime le gendarme de la concurrence. Ce dernier explique que « les consommateurs ne seraient pas assurés de bénéficier des services et des niveaux de prix attendus du fait de la montée en débit ». D’ailleurs, « les représentants de la société France Télécom ont confirmé en séance qu’Orange n’envisageait pas de fournir la télévision par ADSL » dans les nouvelles installations « lorsqu’aucun opérateur tiers ne serait présent ».

GUILLAUME DE CALIGNON, Les Échos

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